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L'entrepreneuriat organisationnel, quésaco ?

Parmi les nombreuses définitions de l’entrepreneuriat organisationnel, on peut retenir celles-ci :

  • processus par lequel un individu (ou un groupe d’individus), en association avec une organisation existante, crée une nouvelle organisation ou provoque le renouvellement ou l’innovation au sein de cette organisation (P. Sharma et J. Chrisman)
  • processus par lequel des équipes au sein d’une société établie conçoivent, favorisent, lancent et gèrent une nouvelle entreprise distincte de la société mère en tirant parti des actifs, de la position sur le marché, des capacités ou d’autres ressources (R.C. Wolcott et M.J. Lippitz)

L'entrepreneuriat organisationnel est donc une modalité d'innovation qui ne repose pas sur une institution (un service de R et D par exemple) mais sur l'initiative individuelle au sein d'une entreprise.

Ce concept est apparu aux Etats-Unis dans les années 80 et un peu plus tard en Europe. Aujourd'hui, la plupart des dirigeants reconnaissent qu'il est nécessaire, voire indispensable, d'encourager les valeurs et les postures entrepreneuriales pour faire face aux évolutions économiques et technologiques actuelles.

 

Un exemple : le groupe 3M

Le groupe 3M (76.200 salariés dans le monde) est connu pour sa politique d'innovation permanente (création des marques Post-It, Scotch, et de solutions dans la santé, l'électricité, la sécurité...). Au sein de la direction recherche et développement, chaque salarié dispose de 15 % de son temps pour défricher de nouvelles idées. L'entreprise permet même aux meilleurs porteurs de projets d'être détachés à plein temps. C'est ainsi qu'en 2008, le groupe a pu lancer 30 nouveaux produits dans le domaine de la sécurité alimentaire, domaine dans lequel 3M n'était pas présent jusque là.

 

L'entrepreneuriat organisationnel : quels bénéfices ?

  • bénéfices économiques : les entreprises qui soutiennent des projets entrepreneuriaux voient généralement fleurir de nouveaux projets. Ces nouveaux projets apportent de nouvelles sources de revenus et ont une forte rentabilité car ils s'appuient sur des ressources déjà existantes en interne.
  • apports humains : les dispositifs accompagnant les projets entrepreneuriaux suscitent beaucoup d'enthousiasme et les employés s'y impliquent très fortement. Ils leur permettent de nouer de nombreux contacts en dehors de leur sphère habituelle et contribuent à une meilleure communication horizontale comme verticale.
  • rapidité et réactivité : le processus d'innovation par l'entrepreneuriat organisationnel est beaucoup plus rapide que par la voie institutionnelle. Cela est lié à l'autonomie des entrepreneurs organisationnels qui leur permet de prendre rapidement en compte toutes les dimensions (économiques, technologiques...) du projet et d'y réagir plus efficacement, en s'affranchissant des lourdeurs et de l'inertie d'une organisation.
  • apprentissage individuel et collectif : en modifiant les routines organisationnelles, l'entrepreneuriat organisationnel permet à l'entreprise et aux individus d'acquérir de nouvelles compétences (relationnelles, managériales...), de collecter de nouvelles informations (sur les marchés, sur les technologies) et de nouvelles capacités à interagir avec les différentes parties prenantes de l'entreprise, en interne comme en externe)

En conclusion, on peut donc dire que l'entrepreneuriat organisationnel est à la fois un puissant levier pour développer l'innovation dans les entreprises et proposer d'autres horizons à ses salariés.

 

Source : courriercadre.com et epochtimes.fr (articles de V. Bouchard, professeure en stratégie et organisation à l'EM de Lyon)

 

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